L’apnée du sommeil ne se résume pas à des ronflements et des nuits agitées. Cette pathologie influence la santé cardiaque, le métabolisme, l’humeur et, à terme, l’espérance de vie. Bonne nouvelle, des solutions existent et elles sont efficaces lorsqu’elles sont bien suivies. Voici un guide clair pour comprendre les risques et adopter les bons réflexes sans bouleverser toute votre vie.
💡 À retenir
- Selon l’INSEE, l’apnée du sommeil peut réduire l’espérance de vie de 10 ans.
- Une étude récente montre que 80% des cas d’apnée du sommeil restent non diagnostiqués.
- Le traitement par pression positive continue peut réduire les risques associés.
Qu’est-ce que l’apnée du sommeil ?
L’apnée du sommeil correspond à des pauses respiratoires répétées durant la nuit. Ces arrêts peuvent être complets ou partiels, entraînant des micro-réveils qui fractionnent le sommeil et épuisent l’organisme. Le cerveau reçoit moins d’oxygène, le cœur s’emballe, et la qualité du sommeil s’effondre.
On distingue principalement deux formes. L’apnée obstructive, la plus fréquente, survient quand les voies aériennes supérieures se rétrécissent. L’apnée centrale, plus rare, est liée à un signal respiratoire irrégulier venu du cerveau. Une forme mixte associe les deux. Le diagnostic repose sur un enregistrement du sommeil qui mesure l’index d’apnées-hypopnées (IAH) afin de déterminer la sévérité.
Définition et symptômes
Les signes ne sont pas toujours évidents pour la personne concernée. Voici les plus typiques à repérer, souvent rapportés par l’entourage :
- Ronflements réguliers, parfois très sonores
- Pauses respiratoires observées la nuit, reprises avec suffocation
- Somnolence diurne, fatigue dès le réveil, maux de tête matinaux
- Irritabilité, troubles de l’humeur, difficultés de concentration
- Réveils nocturnes fréquents, bouche sèche, besoin d’uriner la nuit
Exemple concret. Marc, 49 ans, s’endormait au feu rouge et peinait à suivre les réunions. Sa compagne remarquait des arrêts respiratoires répétés. Un test à domicile a confirmé un IAH élevé. Après traitement, sa vigilance a nettement progressé.
Facteurs de risque
Plusieurs facteurs favorisent l’apnée du sommeil, souvent cumulés :
- Excès de poids, tour de cou élevé, relâchement des tissus
- Alcool le soir, sédatifs, tabac
- Déviation de la cloison nasale, hypertrophie des amygdales
- Âge, sexe masculin, antécédents familiaux
- Positions de sommeil sur le dos, sommeil fragmenté
Chez les enfants, des amygdales volumineuses peuvent aussi jouer un rôle. Chez les femmes, le risque augmente après la ménopause. Le repérage de ces facteurs aide à orienter le dépistage et à adapter les conseils.
Impact de l’apnée du sommeil sur l’espérance de vie

Des apnées répétées soumettent le corps à un stress nocturne. À chaque pause respiratoire, l’oxygène chute, la pression artérielle grimpe et le cœur s’accélère. Ces à-coups répétés favorisent une inflammation chronique, un déséquilibre hormonal et un dérèglement du système nerveux autonome.
Les conséquences s’installent en cascade. Le risque de maladies cardiovasculaires progresse, avec une augmentation d’hypertension artérielle, d’arythmies, d’infarctus et d’AVC. Le métabolisme du glucose se dérègle, facilitant la résistance à l’insuline et le diabète. La somnolence entraîne une hausse des accidents au travail et sur la route. À long terme, ces atteintes se traduisent par une morbidité plus forte et une espérance de vie réduite.
La qualité de vie en journée en souffre. Beaucoup décrivent une fatigue tenace, une baisse de la motivation et des relations sociales tendues. En agissant tôt, on peut interrompre ce cercle vicieux, retrouver un sommeil réparateur et diminuer les risques à long terme.
Études et statistiques
Les données disponibles sont éloquentes et aident à situer l’ampleur du problème :
- Selon l’INSEE, l’apnée du sommeil peut réduire l’espérance de vie de 10 ans, en particulier chez les personnes atteintes de formes modérées à sévères et non traitées.
- Environ 80% des cas resteraient non diagnostiqués, ce qui signifie que la majorité des personnes concernées ignorent leur risque.
- Les patients avec apnée sévère présentent un risque cardiovasculaire plus élevé et davantage d’accidents liés à la somnolence.
Ce sous-diagnostic est un enjeu majeur de santé publique. Beaucoup s’habituent à la fatigue et aux ronflements sans consulter. Un dépistage simple par questionnaire puis un enregistrement du sommeil permettent pourtant de clarifier rapidement la situation.
Solutions et traitements
Le parcours commence par un dépistage chez le médecin traitant ou un spécialiste du sommeil. Selon les symptômes, un enregistrement du sommeil à domicile ou une polysomnographie en laboratoire est proposé. Le résultat oriente la prise en charge et le choix de traitement.
Le traitement de référence des apnées modérées à sévères reste la pression positive continue, souvent appelée CPAP. Elle maintient les voies aériennes ouvertes grâce à un flux d’air continu. Bien réglée et bien tolérée, elle réduit la somnolence, améliore la tension artérielle et diminue le risque cardiovasculaire. D’autres options existent selon le profil : orthèse d’avancée mandibulaire, perte de poids, thérapies positionnelles, chirurgie dans des cas ciblés, rééducation oropharyngée.