Une douleur sur le côté extérieur du pied peut gâcher une marche, un footing ou même une simple journée debout. Souvent, le coupable se cache dans un petit fil sensoriel qui longe la cheville: le nerf sural. Quand il se coince ou s’irrite, la douleur peut brûler, picoter ou devenir électrique. Bonne nouvelle, la plupart des cas se gèrent avec des gestes simples et des ajustements ciblés.
💡 À retenir
- Environ 30% des douleurs au pied sont liées à des nerfs compressés.
- La douleur peut être exacerbée par l’activité physique ou le port de chaussures inadéquates.
- Des études montrent que 70% des cas de douleur au pied peuvent être soulagés par des remèdes simples.
Qu’est-ce que le nerf sural ?
Le nerf sural est un nerf sensitif qui apporte les informations tactiles et douloureuses de la face externe de la cheville et du bord latéral du pied. Il ne commande pas les muscles, mais signale le contact, la pression et la douleur sur cette zone.
Il passe derrière la malléole latérale, puis longe le bord externe du pied jusqu’au petit orteil. S’il est irrité ou comprimé, il peut déclencher une douleur vive, des décharges électriques ou des fourmillements localisés, parfois confondus avec une tendinite ou une entorse persistante.
Anatomie du nerf sural
Le nerf sural naît de branches issues des nerfs tibial et fibulaire. Il descend à l’arrière du mollet, devient superficiel près du tendon d’Achille, contourne la cheville par l’extérieur, puis se distribue au bord latéral du pied. Des zones d’étroitesse existent le long de ce trajet, notamment derrière la malléole et sous la peau où la chaussure appuie.
Les points d’irritation typiques sont une entaille de chaussure trop rigide, un laçage trop serré, une friction répétée en course et les suites d’une entorse en inversion. Un petit kyste synovial ou une cicatrice peuvent aussi comprimer localement le nerf et reproduire la douleur.
Causes de la douleur sur le côté extérieur du pied
La douleur sur le côté extérieur du pied peut avoir plusieurs origines. Les causes nerveuses sont fréquentes et concernent des compressions ou irritations du nerf sural. Les causes mécaniques touchent les os, les tendons ou les articulations voisines et peuvent mimer une douleur nerveuse.
Les causes les plus courantes incluent une entorse de cheville en inversion, une compression par chaussure rigide, une tendinopathie des fibulaires, un stress osseux du cinquième métatarsien, une petite masse comme un kyste, ou encore une irritation post-opératoire ou post-cicatricielle. Chez certains, une radiculopathie lombaire peut projeter des douleurs sur le bord externe du pied.
- Compression ou neurite du nerf sural avec sensation de brûlure et fourmillements.
- Entorse latérale de cheville avec étirement du nerf et inflammation locale.
- Tendinopathie des fibulaires et conflit sous la malléole latérale.
- Fracture de fatigue du 5e métatarsien ou styloïde douloureuse à l’appui.
- Kyste, lipome ou cicatrice irritant le trajet nerveux.
Rappel utile: environ 30% des douleurs au pied sont liées à des nerfs compressés. Cette proportion explique pourquoi un inconfort persistant malgré le repos mérite d’explorer la piste nerveuse.
Facteurs de risque
Certains profils augmentent le risque d’irritation du nerf sural et de douleur latérale.
- Chaussures étroites, tiges rigides, patins, chaussures de ski.
- Pied creux ou varus, supination en course, routes en dévers.
- Antécédents d’entorses latérales ou de fracture du 5e métatarsien.
- Marche ou course prolongée, charges répétées, reprise trop rapide.
- Diabète, troubles thyroïdiens, œdèmes qui augmentent la pression locale.
Symptômes associés

La douleur d’origine surale est souvent décrite comme brûlure, picotement, décharge ou sensation de courant sur le bord externe du pied. Elle peut s’accompagner d’engourdissement du talon externe au petit orteil et d’une hypersensibilité au simple frottement de la chaussure.
On observe parfois un point très précis douloureux derrière la malléole latérale. Appuyer ou tapoter ce point peut reproduire les décharges, ce qui évoque un signe de Tinel. La douleur sur le côté extérieur du pied s’aggrave souvent avec l’activité, la marche en pente ou un laçage serré, puis se calme au repos après avoir retiré la chaussure.
Si la cause est mécanique non nerveuse, la douleur est plus sourde, localisée, et augmente nettement à l’appui ou au saut. Par exemple, une fracture de fatigue du 5e métatarsien fait mal à chaque pas, tandis qu’une irritation du sural peut brûler même au repos, surtout le soir.
Comment diagnostiquer cette douleur ?
Le diagnostic commence par l’histoire des symptômes et l’examen clinique. Le soignant repère le trajet douloureux, cherche un point déclencheur derrière la malléole, teste la sensibilité cutanée et différencie nerf, tendon et os par des manœuvres spécifiques.
Les examens complètent au besoin. Une radiographie élimine une fracture. L’échographie visualise tendons, kystes ou épaississement nerveux. L’IRM aide si l’on suspecte une lésion plus profonde ou un conflit complexe. Les études de conduction nerveuse sont utiles dans les neuropathies diffuses.
Tests de diagnostic
Certains tests ciblent l’origine exacte de la douleur sur le côté extérieur du pied.
- Palpation et tapotement du trajet sural à la recherche d’un Tinel reproductible.
- Tests de mise en tension du nerf sural avec variation cheville et genou.
- Échographie dynamique pour repérer une friction ou un kyste compressif.
- Bloc test à l’anesthésique autour du nerf. Si la douleur disparaît, l’implication nerveuse est probable.
Gardez en tête que près de 30% des douleurs du pied sont liées à une compression nerveuse, ce qui justifie de ne pas s’arrêter au seul diagnostic d’entorse quand les symptômes persistent.
Options de traitement et soulagement
La plupart des cas s’améliorent avec des mesures simples et progressives. Adapter les chaussures, moduler l’activité et apaiser l’inflammation suffisent souvent. Les prises en charge ciblées par un kinésithérapeute optimisent la récupération, surtout si une instabilité de cheville ou une surcharge des fibulaires entretient la douleur.
Pour les irritations isolées du nerf sural, l’objectif est de réduire la pression locale, améliorer la mobilité des tissus et corriger les facteurs mécaniques. Les médicaments antalgiques et anti-inflammatoires en courte durée peuvent aider, tout comme un gel anti-inflammatoire appliqué le long du trajet sensible.