Se réveiller avec la langue collée au palais, des lèvres qui tirent et une haleine chargée n’a rien d’anodin. La bouche très sèche en dormant perturbe le sommeil, expose aux caries et gâche les matinées. Bonne nouvelle, elle se comprend et se corrige. Voici comment identifier les causes, agir dès ce soir et retrouver un confort durable.
💡 À retenir
- Environ 20% des adultes souffrent de sécheresse buccale la nuit.
- La déshydratation est l’une des principales causes de la sécheresse buccale.
- Les médicaments peuvent contribuer à la xérostomie.
Qu’est-ce que la bouche très sèche ?
La bouche très sèche en dormant, appelée aussi xérostomie, survient lorsque la salive manque ou devient trop épaisse. Elle se manifeste par une langue râpeuse, une sensation de coton, des difficultés à avaler, une haleine plus forte, un goût métallique et parfois des microfissures des lèvres.
La salive n’est pas un simple “lubrifiant”. Elle protège l’émail, neutralise les acides, facilite la déglutition et la parole. Quand elle diminue la nuit, le risque de caries, de gingivites et de mycoses buccales augmente. Beaucoup pensent que c’est normal avec l’âge, alors qu’un ajustement d’hydratation, de respiration ou de traitements suffit souvent à améliorer la situation.
Définition de la sécheresse buccale
Sur le plan pratique, on parle de xérostomie quand la bouche paraît sèche la majorité du temps, en particulier au réveil. Côté physiologie, le “débit salivaire au repos” baisse pendant le sommeil. Quand ce débit chute fortement, la bouche colle, les muqueuses piquent et la langue blanchit. Chez certaines personnes, il descend sous 0,1 mL/min, seuil souvent associé à un inconfort marqué.
Ce symptôme est fréquent. Environ 20% des adultes rapportent une bouche très sèche la nuit, avec des pics chez les personnes prenant plusieurs traitements, celles qui respirent par la bouche ou qui consomment alcool et caféine le soir.
Causes de la bouche très sèche en dormant
La cause la plus courante reste la déshydratation. Si l’on boit trop peu dans la journée, le corps privilégie les fonctions vitales et la production de salive diminue, surtout la nuit. Un dîner très salé, l’alcool ou une séance de sport tardive sans réhydratation accentuent ce phénomène.
La respiration par la bouche durant le sommeil assèche directement les muqueuses. Un nez bouché, une rhinite allergique, un septum dévié ou des ronflements favorisent ce passage à l’oral. Les apnées du sommeil s’accompagnent souvent d’une sécheresse nocturne marquée, parfois aggravée chez les utilisateurs d’appareils respiratoires sans humidification adaptée.
Les médicaments jouent un rôle majeur. De nombreux antihistaminiques, antidépresseurs, anxiolytiques, anticholinergiques, antihypertenseurs, diurétiques ou traitements pour la vessie diminuent la sécrétion salivaire. La radiothérapie de la région tête-cou, certains traitements contre l’acné et des collyres antiglaucomateux peuvent aussi assécher la bouche.
D’autres raisons existent: caféine tardive, tabac, vapotage, reflux gastro-œsophagien, diabète mal équilibré, changements hormonaux (grossesse, ménopause), stress chronique et respiration rapide liée à l’anxiété. Les affections auto-immunes comme le syndrome de Sjögren peuvent s’exprimer par une sécheresse persistante, jour et nuit.
Facteurs de risque
Le risque de bouche très sèche en dormant augmente en cas de poly-médication, de consommation d’alcool en soirée, d’habitude de dormir la bouche ouverte, d’air intérieur très sec, d’âge avancé et de congestion nasale récurrente. Les porteurs d’appareils dentaires ou de gouttières sans hydratation suffisante rapportent aussi plus d’inconfort.
Solutions et remèdes contre la sécheresse buccale

La première étape consiste à cibler la cause la plus probable. Un journal simple sur une semaine aide beaucoup: heure du dernier verre d’eau, quantité bue, tolérance aux boissons du soir, prise de médicaments, intensité de la sécheresse au réveil, qualité du sommeil. Ce relevé oriente vers des ajustements rapides et concrets.
L’environnement de la chambre compte. Un humidificateur maintient une humidité autour de 40 à 50%, utile l’hiver avec le chauffage. Une literie qui surélève légèrement la tête limite parfois les ronflements et la respiration buccale. Les bandelettes nasales peuvent améliorer le flux d’air par le nez pour certaines personnes congestionnées.
Les soins bucco-dentaires doivent être adaptés. Choisir un dentifrice au fluor non agressif, éviter les bains de bouche contenant de l’alcool, privilégier des gels ou sprays salivaires avant d’aller dormir. Les gommes à mâcher ou pastilles sans sucre, idéalement au xylitol, stimulent la salive en début de soirée sans perturber la nuit.
Remèdes maison
- Infusion tiède avant le coucher, sans théine, pour hydrater sans stimuler la vessie.
- Rinçage doux au bicarbonate (une demi-cuillère à café dans un verre d’eau) pour neutraliser l’acidité et apaiser les muqueuses.
- Miel médical ou gel buccal hydratant en fine couche sur les lèvres et les commissures si elles fissurent.
- Respiration nasale 4-7-8 ou cohérence cardiaque en soirée pour calmer la ventilation et favoriser le nez.
Conseils d’hydratation
- Répartir l’eau sur la journée: une gorgée toutes les 30–60 minutes, plutôt que de grandes quantités d’un coup.
- Viser une urine pâle en fin d’après-midi, signe d’hydratation suffisante avant la nuit.
- Limiter alcool et café/caféine après 16 h, deux puissants desséchants.
- Prévoir un verre d’eau au chevet pour deux gorgées si réveil nocturne, sans se forcer.
Du côté des médicaments, un échange avec le prescripteur peut permettre d’ajuster l’horaire, la dose ou de substituer un produit moins asséchant. L’idée n’est pas d’arrêter soi-même, mais de revoir l’équilibre bénéfice/confort. Pour les utilisateurs d’appareils de pression positive (CPAP), l’ajout d’une chambre d’humidification et le réglage du chauffage du tuyau réduisent souvent la sécheresse.
Quand la bouche très sèche en dormant s’accompagne de caries répétées, de brûlures de la langue, de douleurs ou d’une soif intense, un bilan est utile. Un dentiste ou un médecin peut proposer des substituts salivaires, des gels fluorés renforcés, rechercher une cause générale et sécuriser les dents pendant la période de correction.
Prévention de la bouche sèche la nuit
La prévention s’appuie sur des habitudes simples. Hydrater correctement la journée, apaiser la respiration, soigner l’environnement nocturne et protéger l’émail suffisent souvent à casser le cercle vicieux. L’objectif est de réduire la fréquence des épisodes, pas d’atteindre une “perfection” impossible.
Commencez par un rituel du soir court et réaliste. Après le brossage, appliquez un gel hydratant buccal ou un spray salivaire. Gardez une bouteille d’eau à portée de main. Évitez l’alcool au dîner et espacez le dernier café du milieu d’après-midi. Si le nez se bouche habituellement, un lavage doux au sérum physiologique avant le coucher fait une vraie différence.